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SOS DEVOIRS : APPRENDRE LES LECONS

Psychopédagogie

SOS DEVOIRS : APPRENDRE LES LECONS

 

Il y a tout au cours de la scolarité des élèves de nombreuses leçons à apprendre, dans toutes les matières. Le souci, c’est qu’on ne procure généralement pas aux élèves un « mode d’emploi » sur « comment mémoriser efficacement ? ». Et c’est compréhensible, puisque les sciences qui étudient le fonctionnement du cerveau en direct pendant des tâches d’apprentissage (imagerie cérébrale par exemple) n’existent que depuis quelques décennies. Cela fait au seulement une vingtaine d’années qu’on est capable d’observer l’activité cérébrale en direct. Auparavant, on pouvait seulement faire des hypothèses sur ce qui se passait concrètement dans cette « boîte noire ».

Si on ne donne pas de « mode d’emploi » aux élèves, comment sont censés faire les parents pour aider leurs enfants à apprendre leurs leçons ? Les parents se sentent souvent démunis face à cette question. Après tout, leur « métier » est celui de parent, pas d’enseignant. Je vous fournirai donc ici quelques éléments de compréhension sur le fonctionnement de la mémoire et quelques techniques dont pour favoriser une meilleure mémorisation. Ce n’est pas un mode d’emploi, mais plutôt des lignes directrices à adapter chacun selon sa situation.

Tout d’abord, il n’existe pas qu’une sorte de mémoire. Par exemple, la mémoire qui enregistre des connaissances (mémoire sémantique) n’est pas la même que celle qui enregistre des savoir-faire (mémoire procédurale). Prenons un exemple pour la mémoire procédurale. Quand un enfant apprend à faire du vélo ou un sport, c’est essentiellement par la pratique répétée des mêmes gestes que son cerveau va enregistrer ces savoir-faire. De même (pour la conduite, pas pour le code de la route) quand un adulte apprend à conduire.

Au début, cela demande beaucoup d’attention et d’efforts. Mais, peu à peu, les gestes et comportements s’automatisent. La « procédure » enregistrée dans notre cerveau nous permet de faire du vélo / conduire / faire du tennis… sans effort conscient. C’est comme si notre cerveau pilotait l’activité en autonomie sans qu’on ait besoin d’y faire attention. Tous les conducteurs ont dû vivre cette expérience une fois de temps en temps : vous parcourez au volant de votre véhicule le trajet entre votre travail et votre domicile, accaparé par des pensées sur la journée de travail, par exemple. Et vous arrivez à la maison sans même avoir été conscient du trajet. Votre cerveau a branché le « pilote automatique » pendant que votre attention se portait sur d’autres questions. Pratique mais… dangereux (vigilance très diminuée pour les événements imprévus sur le trajet).

On a souvent tendance à amalgamer le fonctionnement de ces deux mémoires ayant pourtant des particularités bien différentes. Si la répétition des mêmes gestes fonctionne bien pour « mémoriser » des savoir-faire, on s’imagine facilement que c’est pareil pour mémoriser des leçons. Qu’il suffit de les relire plusieurs fois pour les retenir. Malheureusement, non. Ce n’est pas totalement inefficace, mais c’est loin d’être la méthode la plus efficiente pour mémoriser des connaissances à long terme. Retenir à long terme est important car les chapitres étudiés chaque année s’appuient sur les connaissances acquises les années précédentes. Si un élève oublie en cours de route des notions essentielles des classes antérieures, il va finir par se retrouver en difficulté, incapable d’intégrer les nouvelles notions car il a oublié les bases, plus anciennes, sur lesquelles elles s’appuient.

Eh oui, qui dit mémoire dit forcément oubli. L’oubli est un phénomène naturel et inévitable. Et heureusement qu’il existe, sinon nous serions submergés par des quantités astronomiques d’informations inutiles. Vous aurez certainement remarqué qu’on oublie moins facilement les informations qu’on utilise souvent. Les informations rarement utilisées, elles, sombrent bien plus facilement dans l’oubli.

Un oubli peut avoir différentes origines. L’information mémorisée peut disparaître totalement, ou bien devenir imprécise, ou encore devenir difficile à retrouver même si elle est bien mémorisée (comme la difficulté à trouver un livre précis dans une immense bibliothèque). L’oubli est provoqué par une protéine, qui est produite en plus grande quantité au début d’un apprentissage, mais dont la production diminue au fil des réactivations de la mémoire de l’apprentissage. Donc oui, la répétition des révisions est importante, mais pas n’importe comment.

Examinons les 6 règles de base pour favoriser une mémorisation efficace à long terme :

Tout d’abord l’attention : mémoriser demande un effort de concentration. Il est donc préférable d’écarter le maximum de facteurs extérieurs qui pourraient distraire l’enfant. Il faut se rappeler aussi qu’il est difficile, même pour les adultes, de maintenir une concentration efficace au-delà de 30 mn. Il est donc conseillé de ménager des temps de pause toutes les 30 mn maxi pour que l’enfant puisse reposer son cerveau, se détendre, s’amuser (mini récréations de quelques minutes).

La compréhension : il est très difficile de mémoriser une notion si on ne l’a pas comprise. Avant que l’enfant se mette à apprendre, il est donc préférable de vérifier s’il a bien compris la leçon. Si certains points restent encore flous pour lui / elle, il est utile de prendre le temps de les lui expliquer.

La mémorisation active : simplement relire une leçon n’est pas une méthode très performante pour la mémoriser. Ce qui fonctionne mieux, c’est de se poser des questions sur la leçon. Plutôt que de lire tout de suite les réponses, il est préférable de poser à l’élève des questions sur les points importants de la leçon et le laisser chercher les réponses. Ensuite, on vérifie si c’est bien cela et on corrige la réponse si nécessaire. Pourquoi est-ce plus efficace ? Utilisons une métaphore : imaginons le cerveau comme une forêt très dense. Vous voulez retrouver une information précise dans ce grand foisonnement. Chaque fois que vous faites l’effort de chercher cette information là où elle est stockée dans votre cerveau, c’est comme si vous traciez un sentier dans la forêt vers le bon espace de stockage. Plus souvent vous empruntez ce sentier, plus large, dégagé (et donc  plus rapide à parcourir) il deviendra. Aller chercher une information en mémoire, cela revient en (très) gros à ça. Lire une information ne vous fait pas parcourir le chemin jusqu’à l’espace de stockage, puisque l’information est déjà devant vos yeux. Il faut vraiment aller la chercher en mémoire. Pour chaque chapitre, il est donc utile de faire une petite fiche questions – réponses sur les points les plus importants. Le nombre de questions varie selon l’âge de l’enfant (une dizaine de questions à partir du CM1 jusqu’à une vingtaine à partir de la seconde). Une simple fiche de ce style suffit :

Questions

Réponses

 

 

 

 

 

 

 

Découlant de cela, le feedback proche : quand un élève utilise sa fiche questions – réponses pour apprendre sa leçon et se trompe, il est important qu’il le sache très vite et corrige sa réponse. Rester trop longtemps dans l’erreur peut facilement amener à mémoriser des notions fausses.

Le regroupement et le lien des informations : avant d’être mémorisées à long terme, les données sont stockées en mémoire de travail. Elle stocke à court terme les informations dans le but de les traiter et d’effectuer une tâche (par exemple composer un numéro de téléphone, faire un calcul de tête…). Là, attention ! Notre mémoire de travail a une capacité de stockage limitée (c’est ce qu’on appelle l’empan mnésique) : nous ne pouvons retenir que quelques informations à la fois. Cependant, il existe des techniques pour en retenir plus. Un exemple au quotidien : on retient généralement les numéros de téléphone en regroupant les chiffres par paires. Sinon, essayez de retenir 10 chiffres séparément, c’est une autre paire de manches ! Avant de passer en mémoire à long terme, les informations sont donc traitées par la mémoire de travail. C’est pourquoi il est important, pour que l’élève comprenne bien sa leçon et la retienne mieux, de regrouper les informations essentielles par grands thèmes. Cela se fait couramment dans les cours d’histoire géographie au collège, avec des fiches synthétiques de chapitre. C’est le principe des cartes mentales : regrouper et organiser l’information. Si vous ne vous sentez pas en capacité d’en faire vous-même avec votre enfant, il en existe pour toutes les matières dans le commerce. Si vous souhaitez le faire vous-même, voici un lien vers un tutoriel pour réaliser une carte mentale :

https://www.youtube.com/watch?v=cLrcxYYJt80

Il en existe beaucoup d'autres...

 

Consolider à un rythme expansé : une notion doit être réapprise 3 à 4 fois au moins dans l’année scolaire pour être retenue à long terme. Concrètement, ce n’est pas une procédure appliquée à l’école. Il faut se rappeler que les découvertes faites grâce aux neuro-sciences des apprentissages sont assez récentes. Il faudra donc du temps pour en tirer des applications pratiques et les mettre en œuvre. L’école n’ayant pas encore ce type de fonctionnement, c’est le point le plus difficile à mettre en place pour les parents. Cela demande un effort d’organisation important. Eventuellement, si certaines de vos connaissances savent élaborer un planning cohérent, pourquoi ne pas leur demander un coup de main ?

Je vous présente maintenant la courbe d’Ebbinghaus (lien ici : https://everlaab.com/courbe-debbinghaus/): elle décrit l’évolution du phénomène normal d’oubli. Sans révision d’une notion, celle-ci est presque complètement oubliée au bout de 6 mois (ligne noire). Par contre, si l’on va la chercher activement en mémoire plusieurs fois, à des intervalles de temps de plus en plus longs, l’oubli est très réduit (ligne verte). La notion a été mémorisée à long terme. En pratique, imaginez-vous établir un planning de révision des chapitres de chaque matière étudiée à l’école selon le rythme indiqué dans le schéma : à 10 mn, à 1 jours, à 1 semaine, à 1 mois et enfin à 6 mois. Pour tous les chapitres de toutes les matières étudiés jusque là. Et à mettre à jour régulièrement, chaque fois qu’un nouveau chapitre est achevé. Trop compliqué à mettre en place pour de nombreux parents, qui ont aussi tous les autres domaines de la vie quotidienne à gérer par ailleurs. Un bon compromis consiste à prévoir un planning simplifié avec révisions à 1 semaine, puis 1 mois, (puis éventuellement 3 mois), puis 6 mois. Vous pouvez noter les chapitres à réviser directement dans l’agenda de votre enfant, s’il/elle est assez autonome.

 

En conclusion : pas facile le travail de parent d’élève. Mais il existe des outils très utiles que vous pouvez utiliser pour vous assister dans votre tâche. Ainsi, certains logiciels ou applications permettent à votre enfant de tester ses connaissances scolaires (mémorisation active !). Je vous en cite quelques uns :

Socrative (sur internet)

Plickers (appli pour smartphone)

Kahoot (sur internet)

Quizlet (sur internet)

Anki (logiciel PC / appli pour smartphone)

….

 

Pour aller plus loin :

https://sciences-cognitives.fr/apprendre-a-mieux-memoriser/

https://sciences-cognitives.fr/le-parcours-formation/memorisation/

https://www.youtube.com/watch?v=Y5XjZ-q9brI

https://www.youtube.com/watch?v=QM_-sjFdN_E

 


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